De « l’employabilité » à la « transférabilité des compétences » dans l’environnement 4.0

Que recouvre le concept d’«employabilité » ?

Le fait d’être «employable», la capacité d’être employé. Le terme, avouons-le, décrit la réalité de manière désuète et peu aguichante.

Parlons dès lors plutôt de «Transférabilité des compétences» pour un monde 4.0. puisque c’est de cela dont il s’agit !

L’objectif de ce transfert est de donner l’opportunité aux collaborateurs d’anticiper leur avenir et de se positionner de manière pro-active face à un monde en pleine évolution, pour faciliter la transition vers des modes de travail et de fonctionnement nouveaux.

Pour l’entreprise, il s’agit de s’assurer que les compétences dont elle a besoin – et qui sont elles-mêmes en constante évolution – puissent effectivement être mobilisables rapidement, à savoir avec toute l’agilité nécessaire.

Le Président de l’EPFL, Martin Vetterli, comparait récemment les évolutions à venir à de véritables «tsunamis».

Faut-il rappeler le contexte ambiant : volatil et incertain, caractérisé par l’accélération de dynamiques économiques de plus en plus complexes, l’arrivée sur le marché de l’intelligence artificielle, de l’hyper connectivité (IoT – Internet of Things) et, dans le même temps, une digitalisation dont l’efficacité et les terrains conquis s’accélèrent de manière exponentielle ?

Ces changements majeurs dans l’environnement sont une opportunité pour les entreprises comme pour les collaborateurs de s’interroger sur la manière la plus pertinente de s’assurer que ses compétences soient non seulement systématiquement réactualisées, mais aussi développées en tenant compte des perspectives et des défis de demain.

Si, dans un monde auto-apprenant, le premier devoir du collaborateur est de se développer pour maintenir ses propres compétences à jour, celui de l’entreprise est de proposer un cadre de travail qui lui permette de le faire.

Les jeunes générations – avec les perspectives nouvelles qu’elles apportent – sont là pour nous le rappeler : C’est ici et maintenant que tout se joue, dans un rapport de partenariat évolutif, bien plus que dans une relation traditionnelle «employeur-employé».

En conséquence, entre «subir» et «agir», nous avons le choix.

Pour garder une certaine maîtrise, il s’agit d’aller au-delà du discours «réactif» sur le changement, compris comme déconnecté à soi selon l’adage «tout change et je m’adapterai». Il s’agit de prendre conscience du fait que «tout change et je suis partie prenante de ce changement».

Les récents mouvements observés dans la société civile suisse, nous invitent à pousser la réflexion encore plus loin. L’heure est à la mobilisation. «Tout change, je suis partie prenante de ces changements, je veux être en mesure d’assumer pleinement ma position d’acteur du changement, et en conséquence, j’attends que tous se mobilisent avec moi pour faire changer les choses.»

Autrement dit, il s’agit non seulement de «prendre le changement par la main, avant qu’il ne me prenne par la gorge» (Churchill), mais de l’entraîner avec moi et de mobiliser autour de moi. Ce nouvel élan porteur d’énergie est à saisir au bond.

Nous pensons que les entreprises qui auront compris à temps qu’elles-mêmes sont les créatrices et les accélératrices du changement qu’elles annoncent seront parfaitement positionnées pour négocier le virage à venir. Elles auront préparé – tout en le créant – le terreau nécessaire à un accueil favorable des transformations à venir.

Rédaction: John Borruat ✪ Senior Leadership Development Consultant and Partner @Direction Plus